21. Ornements et interprétation

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I. L'appogiature et le trille

Bienvenue dans cette dernière leçon dans laquelle nous allons voir ce que l’on appelle communément des ornements ou encore des notes d’agréments ! Ces effets sont particuliers puisqu’ils vont servir à rajouter des notes en plus à une note principale. Il en existe beaucoup, c’est pourquoi nous ne verrons ici que les quatre principaux, ceux que l’on pourrait qualifier de « basiques » et qu’il vous faut impérativement connaître pour parfaire vos connaissances en solfège !

• L'appogiature

L’appogiature prend la forme d’une ou deux petites notes placées avant une autre note plus importante (que l’on qualifie alors de note principale). Ces petites notes en plus vont être jouées mais n’ont pour but que de mettre en valeur la note principale. En pratique, les notes rajoutées sont souvent étrangères à la tonalité ou à l’accord qui est joué (nous aurons l’occasion de revenir sur ces deux notions dans le cours de théorie musicale). Concrètement, on peut dire que l’appogiature va le plus souvent sonner faux par rapport au reste, ce qui mettra alors en valeur la note principale qui elle sonnera juste.

Exemple d’écriture d’appogiatures

Attention :

Dans l’écriture moderne, l’appogiature est toujours représentée par une croche ou une double-croche. Dans l’écriture classique on peut néanmoins trouver toutes les figures de notes !

Les notes en appogiature sont jouées de manière très rapides et équivalent généralement à la durée d’une triple ou d’une quadruple croche. Cela signifie donc qu’il ne faut pas tenir compte de la figure de note qui sert à l’écrire sur la partition. 

Un point extrêmement important à comprendre est le suivant : les notes jouées en appogiature ne sont pas comptées dans le nombre total de temps de la mesure !

Autrement dit, un groupe composé d’une note en appogiature suivie d’une noire ne vaut qu’un temps en 4/4 !

Dans cette exemple, chaque noire est précédée d’une note jouée en appogiature. On ne tient compte que de la durée des noires, il y a donc 4 temps.

En ce qui concerne le placement rythmique il y a deux possibilités : soit l’appogiature va démarrer sur le temps (dans ce cas la figure de note qui la représente sera écrite normalement), soit elle va démarrer avant le temps (dans ce cas la figure de note sera barrée).

Exemple d’appogiature sur le temps

Exemple d’appogiature avant le temps

Les appogiatures sont rapides donc la différence est subtile. Essayez de vous focaliser sur le métronome pour bien entendre quand commence la note principale (sur ou légèrement après le début du temps).

Dans tous les cas on ne rajoute pas de temps dans la mesure, ce qui veut dire que l’appogiature va forcément emprunter sa durée à une autre note ! Cela signifie donc que lorsque l’appogiature est jouée avant le temps elle va empiéter un peu sur la note d’avant (afin que la note principale soit quant à elle jouée sur le temps) tandis que si elle est jouée sur le temps c’est la note principale qui va être légèrement amputée de sa durée.

Placement rythmique de l’appogiature avant le temps
(l’appogiature commence donc à la toute fin du 1er temps)

Placement rythmique de l’appogiature sur le temps
(l’appogiature commence cette fois sur le temps, la note principale est donc un peu plus courte)

Attention :

Ce que nous avons vu ici est la conception moderne de l’appogiature mais cela a beaucoup évolué avec le temps. Les règles varient selon les époques et parfois même selon les compositeurs !

• Le trille

Deuxième effet d’ornementation que nous allons voir ici : le trille. Le concept est assez simple à comprendre : il consiste à jouer deux notes alternées de manière répétée et pendant une certaine durée

La première note à jouée sera celle qui est indiquée sur la partition tandis que la seconde sera la note directement supérieure dans l’échelle diatonique (c’est-à-dire la note qui lui succède dans l’ordre Do Ré Mi Fa Sol La Si). Ainsi si on doit jouer un trille sur un Sol, on alternera entre les notes Sol et La.

Le trille est indiqué sur la partition par l’annotation « tr » suivie éventuellement par une petite vague.

Exemple d’écriture d’un trille
(la note affectée étant un Ré, la note rajoutée est un Mi)

Le trille doit durer le temps de la figure indiquée mais il n’existe pas vraiment de règle concernant la vitesse d’exécution ou le nombre d’alternances de notes à jouer. Tout dépendra de l’oeuvre, du tempo, de l’intention du compositeur et du ressenti de l’interprète.

Exemple de trille et deux équivalents possibles

Attention :

La note rajoutée dans le trille tient compte de la tonalité ! Ainsi si vous avez une altération à l’armure (le Fa) et que vous jouez un trille sur le Mi, la note rajoutée sera Fa# et non pas Fa !

Il est possible d’indiquer que la seconde note est en dehors de la tonalité en rajoutant un signe d’altération à côté, au-dessus ou en-dessous de l’annotation « tr ». Dans ce cas cette altération s’appliquera à la seconde note.

Exemple de trille altéré
(dans cet exemple on jouera donc les notes Do-Ré# puisque le Ré est altéré par le trille)

Point important :

Le trille concerne toujours deux notes espacées entre elles par un demi-ton ou un ton. Si l’intervalle va au delà il s’agit d’un tremolo (notion dont nous parlerons dans la prochaine leçon) !

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